Workshop on Life Story Mapping

This phase of the "Mapping the Life Stories of Exiles" project was organized to enable storytellers to design their own life story map with the goal of providing different perspectives on memory mapping. During the spring of 2017, we sent out two separate calls: one to hire artists interested in working with storytellers who identify as exiles to facilitate the development of their own life story map and another to recruit the said individuals. The intention here was to encourage a collaboration between artists, cartographers and storytellers towards a mapping of their own story using the medium and the approach of their choice. This part of the project was inspired by a series of journey-mapping workshops organized with asylum seekers in France in 2013 (see Mekdjian and Olmedo 2016).

Participants ended up including four storytellers, three artists and four cartographers (three of whom were students, and one professor). Three meetings were organized throughout May-June 2017 to provide a space for the storytellers, cartographers and artists to discuss, team-up, and develop their collaborative works. After the first meeting, two of the four storytellers voluntarily paired-up with two cartographers of the Geomedia Lab, while the two other storytellers worked with two artists. These four duos then worked closely together during the two following sessions as well as in-between and throughout the summer and fall to finalize their projects, during which the rest of the Geomedia Lab team documented the process. Results demonstrate four very different ways of mapping the memoryscapes of exiles.

- Sébastien Caquard


C.K. et Emory

D'abord, C.K. et moi avons mené deux entretiens enregistrés, en mai et en juin 2017, afin qu'il puisse raconter son récit de vie. Au cours du récit, je gardais un intérêt accru pour les lieux et les contextes géographiques dans lesquels il se trouvait. Ce récit a ensuite été mis en carte par C.K. et moi-même à l’aide de l'application AtlasCine. Les cercles proportionnels représentent l'ancrage du récit dans certains lieux et l’importance de ces lieux dans le récit, alors que les lignes indiquent les relations qui existent entre ces lieux dans le récit ainsi que des voyages marquants (1:11:10-1:12:10).

Le récit de C.K. suit, de manière générale, la chronologie de ses déplacements à travers le monde, et certaines anecdotes nous emmènent parfois dans des lieux plus marginaux. Cette carte interactive a été transformée en une vidéo qui présente une synchronisation de l'enregistrement audio avec la carte créée à partir de ce dernier. Cette carte cinématique correspond à mon interprétation de la manière de cartographier le récit de C.K.

- Emory Shaw


Nasim et Lilia

Il est possible de suivre le récit de Nasim de façon linéaire, en appuyant sur la flèche au bas de l’écran qui permet d’avancer dans le récit chronologiquement jusqu’aux textes ou de cliquer directement dans l’espace afin d’explorer le récit de façon plus interactive.

Une loupe à la main
Entrer le jardin
Un grain grenadine dans le gite
Sur une carte un bois
Dessine une tache de semis
Un cours d’eau trace une ligne
Délie une voix lascive mousse
Jusqu’aux méridiens tenir
Le fanal dans la risée
Miniature odalisque dedans enclose
Amande des troncs navires en partance
Se love entre la peau du fruit vermeille
Jusqu’aux vents portulans des pôles
Se greffe au point (g) du miroir abstrait
Pour qu’un poème spatial
S’ancre d’un écoumène
Et d’une anecdote
Gravite une enfance cosmique
Reportée mi- saules fluviaux
Archive rêvée qu’un croquis Végétal
S’épanche d’un magnétisme
En anneaux concentriques
Pour que s’arriment des archipels
Errante apesanteur à venir
Lignes d’erre
Comme qui s’accroche
À des pays parchemins.

Mon intention à travers la cartographie de récit de vie a été d’explorer l’écoumène et l’ancrage possible entre une personne et son espace de vie dans ses apparitions et ses disparitions. Cette poétique de la relation se construit dans la temporalité de la lecture/écriture représentée par la flore poreuse qui se fait existence sensible. Des zones habitées aux contours végétaux sont séparées par des aires transitionnelles de noir sidéral relayées par des séquences de soi. La mémoire s’embraye tantôt en couleur tantôt en blanc comme rendue amnésique. En m’inspirant de l’imaginaire de la carte, j’ai essayé de faire des rapprochements entre le canevas du récit de vie et la géodésie. Le cadastre, un autre outil de la cartographie, m’a servi de GPS et a été repris sous forme de petites vidéos juxtaposées géométriquement. Il est localisé au centre d’un arbre ou il est un fruit de l’arbre. La figuration s’invite au témoignage en y apportant une certaine contingence. Celle-ci est manifeste, par exemple, dans la présence du fleuve qui dévie la trajectoire en orbite. Le récit de vie cartographié adopte, alors, une forme trajectoriale, se fait constellation et parabole. La forme courbe de la parabole induit une profondeur temporelle dans le planisphère de la carte. En effet, la superposition de plusieurs échelles et couches de sens à diverses altitudes et la navigation que permet l’outil prezi produisent une synergie du récit vers des métaphores, parfois, ludiques. La mise en abyme agrandit ou miniaturise les fragments de paysages enclos dans des jeux d’emboîtements. Il me semble que ce sont là des effets d’hybridation et de télescopages qui relèvent du voyage, de la traversée, du rapport à l’identité et à l’immigration. La parabole migrante est symboliquement représentée par le fruit de grenadier, tout comme l’art est l’œuvre d’une vie retrouvée. Suite à plusieurs rencontres inspirantes et enrichissantes entre nous, la cartographie du récit de vie de Nasim Abaeian a été réalisée grâce à l’outil multimédia prezi. Ce sont les effets de navigation, de zooms et d’animation qui ont permis l’exploration du récit de façon multidimensionnelle et dans un cadre spatio-temporel. Il en est résulté une plus-value audiovisuelle mais aussi une production de sens ajoutée à travers un enseignement. Il semblait intéressant de retenir une certaine lecture à appréhender de la carte appliquée au récit de vie. La représentation du petit et du grand, du lointain et du proche sur un même plan induisait l’idée suivante : la somme des paysages forme la carte. En fait chaque paysage finit par se fondre dans la carte et à devenir carte à son tour pour un paysage à venir et ainsi de suite comme dans une série d’emboîtements et de superpositions à multiples échelles. Dans la mesure où les cartes sont thématiques, le récit de vie pouvait se raconter de façon schématisée en suivant un procédé littéraire. Dans sa poussée vers la concision et l’utilité, le récit de vie cartographié, inspire à développer le récit vers une forme d’enseignement collectif. La conclusion du récit de vie comme parabole se résume par la pratique artiste de la participante qui constitue l’élément unifiant, à la fois, du récit et de la vie. La pratique artiste de la personne immigrante, qui est en l’occurrence artiste elle-même, est tel le ciment qui arrime les paysages de la carte et permet d’ouvrir la voix. C’est aussi la notion du petit et du minuscule qui s’est imposée comme une expérience du rapport à soi et au monde. Ce système de représentation par le minuscule médie une initiation, mais est aussi indicateur de vulnérabilité et de contingence. La situation historique de conflit entre l’individu minuscule et la démesure de la carte, à l’instar du monde, est récupérée dans le récit de vie comme trajectoire et travail accompli pour se dégager de l’adversité induite par une situation sociale, personnelle ou politique. Le petit est alors une forme d’échappée et de résolution.

Si la cartographie réalisée aboutie à la poétisation désirée du récit de vie, nous ne pouvons que rester humble face à la possibilité de raconter une vie ou simplement de géolocaliser, objectivement, une personne en motion, puisque celle-ci poursuivant sa vie, change et n’est jamais dans un lieu fixe (Nasim a tout récemment quitté Montréal pour aller vivre et travailler à Toronto), d’où l’impossibilité de clore le récit.

- Lilia Bitar


Meghri and Khadija

I made this work closely with Meghri to reflect on the map in relation to space and the body. The body here is the central space and the rest of space can be seen mainly within the "space" of memory, which was revealed through the images of sites she (Meghri) loved and wishes to share. Crossing the borders is an act within the map; it is done by the body, but borders can’t divide the map we live and we carry through daily life experience. Therefore, the process of remembrance that the person goes through usually has strong ties to places.

In terms of artistic application to the idea, I had the dancing body as a center, and the rest of geographic places are simply moving within it and crossing it. The movement in the image traces the body’s outline and movements. It’s not the body that crosses borders: it’s the opposite.

There are two kinds of maps: one is a tool that serves as informative instrument, and most of the time it carries political aspect and dominant power. The second is the map that we have within us, what we carry in term of culture, memory, languages, and relations within communities and becomes more complicated to reflect it on our daily life

- Khadija Baker